vendredi 4 mai 2012

Pierre-Adrien Toulorge, martyr de la Vérité, 1757-1793


(Ayer en inglés, hoy en francés... hay que estudiar idiomas amigos míos, no queda otra. Como mínimo español, inglés y francés, y a ser posible alemán. Las traducciones son cada vez peores, se lo aseguro, y por la experiencia de leer cada texto en su versión original merece la pena el esfuerzo. Esta noticia ha pasado bastante inadvertida en España, la reciente beatificación de un martir de la revolución francesa. Reflexionar al respecto pudiera resultar bastante ilustrativo para muchos que siguen siendo incapaces de ver la verdad más allá de la "historiografía oficial", como muestran claramente muchos comentarios a esta entrada del Señor Embajador en el Infierno.)

Para los que no entiendan "ni jota de francés"

Un jeune religieux dans la tourmente révolutionnaire

Pierre-Adrien Toulorge est né sous Louis XV, en 1757, dans une modeste famille chrétienne – laboureurs de père en fils – à Muneville-le-Bingard (actuel canton de Saint-Sauveur-Lendelin). Ayant probablement senti l’appel au sacerdoce tout jeune, il est collégien puis séminariste à Coutances, et reçoit l’ordination sacerdotale en 1782. Lorsque le jeune prêtre est nommé vicaire à Doville – une minuscule paroisse près Neufmesnil – il ne sait pas que Dieu a commencé à tisser les fils de sa brève et magnifique histoire. La cure de Doville dépend de l’abbaye des chanoines prémontrés de Blanchelande, toute proche. Son curé, le P. François Le Canut, est donc un religieux, vêtu de blanc. Insensiblement, le cœur de Pierre-Adrien est gagné par le désir de rejoindre la communauté de Blanchelande, où la vie canoniale – faite de liturgie chorale, de fraternité et d’apostolat – lui paraît si enviable. Il franchit le pas en 1787 pour recevoir l’habit blanc. Le nouveau frère Pierre-Adrien est d’abord envoyé faire son noviciat à l’abbaye de Beauport, avec d’autres jeunes confrères, puis revient dans son abbaye, où il prononce ses vœux, à l’été 1788. Ni le nouveau chanoine – ni personne alors – ne peut penser que dans tout juste un an, le monde va basculer !
La Révolution de 1789, en même temps qu’elle sonne le glas de la monarchie, provoque la fermeture de tous les monastères du royaume : la Constituante décrète la nationalisation des biens de l’Eglise. En 1790, une « constitution civile du clergé » prévoit que l’État assurera le traitement des évêques et curés, élus par la population, devenant fonctionnaires, obligés à prêter un serment de fidélité à la nation. Quant aux religieux, réputés inutiles, ils sont expulsés de leurs maisons, vendues comme bien national, et reçoivent en échange une pension de l’État. Le jeune frère Pierre-Adrien, chassé de Blanchelande, trouve refuge chez des amis à Neufmesnil, désemparé, inquiet.
Or à l’été 1792, tandis que le pape a condamné cette « Eglise constitutionnelle » organisée sans l’aval de Rome, le roi est jeté en prison, la République est proclamée, et elle presse maintenant les prêtres de prêter le serment : nombre d’entre eux sont inquiétés – voire massacrés, comme les prêtres emprisonnés aux Carmes à Paris, début septembre. C’est dans ce contexte de terreur que des milliers de prêtres français prennent le chemin de l’exil. Pierre-Adrien s’embarque alors précipitamment pour Jersey, fuyant le Régime impie. Une fois arrivé dans l’Ile – où plusieurs centaines de prêtres coutançais se sont réfugiés – il comprend son erreur : n’étant pas curé, il n’avait pas à prêter le serment et aucune raison de s’exiler. Soucieux des chrétiens laissés à l’abandon en Normandie, il décide de revenir discrètement.
Débarqué à Portbail vers le 20 octobre, il prend le maquis. Nous perdons sa trace pendant neuf mois : sans doute a-t-il passé de maison en maison, portant dans son petit sace sa soutane blanche, ses ornements liturgiques et son calice, et célébrant clandestinement les sacrements.
Entre temps, le Comité de Salut Public de Paris a décidé de mettre fin à l’existence des prêtres réfractaires, clandestins « antipatriotes », on fait des listes et on réclame des dénonciations. Le 2 septembre 1793, épuisé par cette vie itinérante, Pierre-Adrien est découvert caché dans un grenier chez la Dame Marotte Fosse qui l’a recueilli. Arrêté, il est conduit à la prison de Carentan.
De nouvelles lois condamnant les émigrés ayant paru, Pierre-Adrien est terrorisé, et lors des interrogatoires serrés, à Carentan, commence par nier avoir émigré à Jersey. Mais dans son cachot, bouleversé d’avoir menti pour sauver sa tête, il est sais par la Grâce : il comprend que seule la Vérité le rendra libre. Alors il revient sur ses déclarations, et avoue son émigration. Transféré à Coutances, il comparaît plusieurs fois devant la cour criminelle, qui siège dans le ci-devant évêché. Les juges hésitent – parce qu’on n’a pas de preuves matérielles de l’émigration, hors les aveux du prêtre lui-même – mais le jugement tombe le 12 octobre, sévère, pour l’exemple : la peine de mort, le jugement sera exécuté dans les 24 heures. Pierre-Adrien dit seulement : Deo gratias ! Quand il rentre à la prison, ses compagnons d’infortunes croient, à voir son visage illuminé, qu’il a été acquitté. Mais lui : Bonne nouvelle, mes amis, mon procès a été jugé en ma faveur. La nuit, veille de son martyre, il écrit à un ami : Comment peut-il se faire, tout pécheur que je suis, que j’aie le bonheur d’être couronné du martyre. Demain, tu auras un protecteur dans le Ciel.
Sur la place de la Croûte, on a dressé une guillotine, et devant une foule émue, qui assiste pour la première fois à une exécution capitale, le jeune prêtre monte à l’échafaud, sans faiblir. Il dit les mots du répons de l’office : In manus tuas… Entre tes mains, Seigneur, je remets mon esprit. Il est 4h et demie, le bourreau montre la tête sanglante de Pierre-Adrien. Une liturgie commence au ciel.

Un procès de béatification

Parmi les 52 martyrs normands de la Révolution, morts pour avoir confessé leur foi, et dont le procès de béatification a commencé dès les années 1920, la figure de Pierre-Adrien est certainement la plus touchante, et la mieux documentée. La béatification de ce prêtre coutançais n’est pas un jugement porté sur son époque ou sur la Révolution. L’Eglise regarde d’abord le cœur de ses enfants. Et Pierre-Adrien, ce jeune chrétien qui a voulu suivre le Seigneur dans le sacerdoce, puis dans la consécration religieuse, n’avait pas choisi d’être un martyr. Il n’avait pas un tempérament héroïque, il a été affronté à des circonstances historiques trop violentes pour lui, il a fui, il s’est caché, il a menti et sa faiblesse a bien paru lors de son procès. Mais Dieu, qu’il cherchait bravement, de tout son cœur, l’a repris. Quittant toute peur, il a alors préféré Celui qui dit : « Je suis le chemin, la Vérité et la vie », et il a connu le prix fort de cette Vérité !
C’est précisément pour cette raison que la Congrégation pour la Cause des Saints a retenu sa vie et sa mort courageuse, pour la proposer à la vénération des fidèles, et nous encourager tous à servir la vérité, sans crainte et sans hypocrisie. La vie de Pierre-Adrien peut nous faire penser aussi aux chrétiens et aux prêtres que leur foi ou leur sacerdoce mettent en danger aujourd’hui, un peu partout dans le monde. Nous pourrons prier le nouveau Bienheureux pour eux et avec eux.
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